notre vidéothèqueQuand c’est pas du cinéma ...

Conférence gesticulée

Scop du Vent Debout, 28 septembre 2012


Pour notre Assemblée Générale 2012, on a laissé de côté le cinéma et on s’est essayé à autre chose. Et pas n’importe quoi ! Rien de moins qu’une conférence gesticulée de la toute jeune mais déjà talentueuse Scop du Vent Debout.
C’était le 28 septembre 2012 et comme ça emballait aussi l’encore plus jeune centre socioculturel d’Ytrac, on a fait ça chez eux ...

On était tous plein de stress parce qu’à 20 h 30, y avait vraiment pas grand monde !
Et puis petit à petit, certains penauds d’être en retard, les environs du bar se sont garnis et malgré un nombre de chaises qui nous a paru à un moment énorme, après quelques appels, la salle s’est remplie.
Finalement, nous étions une grosse cinquantaine.

Les gens du Vent Debout, Antoine, Chico, Diane et Pablo ont occupé l’espace.
Sous forme de tableaux, leurs interventions très personnelles appelaient les réactions des individus dans la salle, elles aussi très personnelles.

  1. Pourquoi je m’appelle comme ça (pourquoi mes parents m’ont donné ce prénom) ?
  2. Est-ce qu’on parlait politique à la maison ?
  3. Et à l’école c’était comment ?
  4. Quand ai-je pris conscience de ma classe sociale ?
  5. Première émotion politique ?

Petit à petit, tableau après tableau, ils nous ont conduit à réfléchir ou à exprimer nos engagements, aller chercher dans nos histoires personnelles les racines de notre présent... Progressivement, on se rend bien compte que tous ces thèmes sont ou ont été des moteurs de notre engagement ou de notre non-engagement.

Moins conférence gesticulée que gesticulation collective, comme la coopérative risque désormais de nommer ce « spectacle », cela s’est passé dans une ambiance plutôt joyeuse et réjouissante. Chaque intervenant (de la salle) semblait à l’aise pour dévoiler une partie de son histoire personnelle.

La dernière partie s’est déroulée en « Débat mouvant » : les chaises ont volé aux quatre coins de la salle, pour laisser place à deux rangées de gens, un peu comme dans les bals folk de Lucky Luke. Chico menait la danse en posant des questions volontairement ouvertes sur l’usage de la violence : légitimité de la violence face au fascisme, légitimité de la violence dans l’affaire de la forêt de Branviel... On avait le choix entre deux « camps », les OUI et les NON. Puis des discussions avaient lieu dans chaque camp et des arguments étaient émis par chacun. L’on pouvait alors changer de camp si l’on trouvait l’argument recevable ou non.
Ce fut un joyeux mais intéressant bordel.

Petits commentaires récupérés ici ou là :
Fabrice : « le petit point négatif était que ce n’était justement pas une conférence gesticulée ; j’aurais aimé des pistes théoriques autour de ces thèmes ».
Fanny : « je pensais que les intervenants gesticuleraient plus, que ce serait plus théâtral… »
Elise : « c’est important de parler entre nous, de moments de notre vie, au boulot, en asso … parce qu’on est plein de savoirs à partager ! »
Cyrille et Anne, « c’était super tonifiant ! On se prendrait pour un peu à ré-espérer dans la nature humaine, si ! »

Le lendemain, dans la continuité de la conférence gesticulée et de notre AG annuelle, le Vent Debout a animé à la Barreyrie un atelier dans la même veine. Et comme l’Education Populaire est un thème transversal à nombre d’associations, nous avons ouvert l’atelier aux militants de centres sociaux, de syndicats, d’associations ou d’autres encore. Trop peu sont venus, l’atelier a donc pris comme support les activités de notre PEC local. Voir tout ça sur ici.



"Engagez vous qu’ils disaient ...."

L’ engagement et l’Education Populaire, ou le contraire ...
Comment tous autant que nous sommes nous en arrivons à nous engager dans le mouvement associatif, et comment les outils de l’Education Populaire peuvent servir et enrichir cet engagement.

C’est aussi : comment redonner un sens politique à l’Education Populaire. C’est vrai, ça ! Nous sommes une association d’éducation populaire, issue d’un mouvement lui même issu de la Résistance. Bon, d’accord ! Mais on en fait quoi ? Ça veut dire quoi ?

Les conférences gesticulées, on a découvert ça il y a déjà quelques années avec l’excellente "Inculture I : l’Education Populaire, Monsieur, ils n’en ont pas voulu", de la Scop du Pavé. 3H d’un spectacle d’un genre nouveau, entre one man show et conférence sérieuse, pédagogique et documentée. On a été complètement emballé, on en a vu d’autres par la suite, et on avait envie d’en voir par chez nous. Alors quand la Scop du Vent Debout est née, on a sauté sur l’occasion et on propose là une de leur premières créations.

Ces gens là tiennent avant tout à redonner du sens à ce qu’ils font et à ce que nous faisons. Tiens, par exemple, vous saviez que dans "SCOP", qui voulait dire "Société Coopérative Ouvrière de Production", on a enlevé le gros mot (devinez lequel) ? Pourquoi ? Peut-être pas si anecdotique que ça !

Redonner du sens, c’est aussi redonner du sens à des concepts un peu oubliés. L’éducation populaire, beaucoup s’en revendiquent, qui sait encore ce que ça veut dire ? Qui se souvient de Christiane Faure (en dehors de ceux qui ont vu ou lu "Inculture I" dont on parle plus haut) ?

Une association militante comme Peuple et Culture, un centre social de quartier, pourquoi est-ce que c’est de l’éducation populaire ? Ou comment ça en ait, ou ça pourrait en être ?

Cette conférence gesticulée, collective (4 intervenants), interpelle les spectateurs sur ce qui a pu conduire aux différentes formes d’engagements qu’ils ont, avant de lier ça à l’éducation populaire et au sens qu’on peut lui donner, et d’aborder les outils de cette dernière qui pourront enrichir nos pratiques associatives.


Voir en ligne : Le site du vent Debout