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L’homme qu’il faut à la place qu’il faut

de Matthieu Imbert-Bouchard et Cédric Dupire, 2008, 65’



Musicien de renommée internationale, ancien militaire français puis guinéen, père d’une famille de 34 enfants, féticheur, chasseur de voleurs, chef de clan…on ne compte plus les casquettes qu’arbore Fadouba Oularé.
Son histoire, de Faranah à Conakry, se dessine progressivement, qu’elle soit énoncée par le griot ou évoquée par ses amis, jusqu’à sa représentation sur les peintures murales du Palais du Peuple.
Une histoire puissante, surprenante, parfois tragique mais qui ne prend pourtant jamais le pas sur cet homme toujours en action. Une action qu’il mène au sein d’une réalité complexe dans laquelle coexistent musiques traditionnelles, dictature militaire, précarité, animisme...

L’Homme


Fadouba Oularé, autoproclamé artiste international, premier batteur d’Afrique et de Guinée, éminent chercheur de voleurs qu’il dit poursuivre à la façon d’un avion de guerre…
Dans les mains, le fétiche ou le djembé. L’un lui sert à faire sortir les voleurs, ces « panthères
Blessées », de leurs piètres cachettes, l’autre lui sert à suivre les pas du danseur, les initier, les
souligner avec finesse. Dans sa troupe, pas de djembefola de quartier, ici on tape
vraiment, on danse vraiment, chaque note de percussion à sa traduction du corps, et qui
ne l’entend pas ainsi peut retourner d’où il vient !

Le film suit Fadouba Oularé, dans ses discours, plus ou moins improvisés mais toujours
théâtraux. La réalisation se laisse surprendre par les histoires, captées ici et là, les échanges
quotidiens, autour d’un djembé enrhumé, un voleur d’huile d’arachide, une femme tombée dans un puits.
Des histoires quotidiennes, simples, parfois surréalistes tant elles évoquent les croyances locales.
Au cœur, Fadouba est là, il « ne fatigue pas », toujours à l’écoutes, prêt à tendre la main pour résoudre les problèmes des autres.
C’est le petit théâtre de l’existence, au rythme d’un village, dont Fadouba semble être le père de tous les enfants.

Comme des ponctuations à son grand récit désordonné, Fadouba Oularé livre les détails d’une vie passée, et quelques lignes de l’histoire mêlée de son pays à celle de la France. Il y a été pour la France. En Indochine. En Algérie. Débroussailler dit-il. Et la guerre encore, il y a peu, à la frontière du Sierra Leone. Tout, alors, n’est plus que sourire et musique, le discours se teinte de gravité ou d’amertume.
Le portrait de cet homme complexe, se dessine en creux, comme les peintures du Palais du peuple, où il se reconnaît en guerrier. Le spectateur refait le puzzle, grâce aux mots de ses amis, d’un Griot, d’un ministre, et découvre, en partie seulement, un homme respecté, reconnu, qui ne laissera tomber ni sa famille, ni son pays, ni son continent.


Extrait :

Les réalisateurs

Cédric Dupire :
Debuté en 2005 suite à une rencontre avec les musiques traditionnelles du Rajasthan et la réalisation du film Musafir, le travail cinématographique de Cédric Dupire interroge le lien qui unit la musique et son environnement.
En 2008, son deuxième film autour de cette thématique voit le jour avec L’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Un film encré dans le réel qui, à travers son personnage principal Fadouba Oularé, donne à la musique une dimension aussi bien révolutionnaire que magique.
En 2009, avec We Don’t Care About Music Anyway… , il s’intéresse aux musiques radicales et innovantes de la scène underground de Tokyo. Cette troisième réalisation développe une approche sensorielle dans laquelle les sons de la ville et la musique des protagonistes du film se confrontent.

Matthieu Imbert-Bouchard :
Matthieu Imbert-Bouchard est né à Paris. Il a commencé à apprendre la musique africaine à l’âge de 16 ans. Depuis 10 ans, il part tous les ans en Afrique de l’ouest pour parfaire ses connaissances auprès de ses maîtres. Quand il rencontre Fadouba Oularé en 2004, l’idée de faire un film sur lui jaillit.
Depuis six ans, Matthieu s’est concentré sur l’apprentissage du Kamalen goni auprès de son ami et maître « Vieux Kanté ». Aujourd’hui décédé, Matthieu aimerait lui consacrer son prochain film.


Producteur : Shairprod


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