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La petite fille et la rivière

Elise Andrieu - Marie Laure Ciboulet - 2013 - 59’


Pour la troisième année maintenant, Peuple et Culture a proposé un documentaire sonore. La radio, le son ont parfois un pouvoir d’évocation très fort, des images personnelles s’imposent à chacun et un univers personnel se construit ... c’est à cette rêverie, à cette écoute subtile que nous invitons nos fidèles, dans le lieu qui nous parait si bien adapté, le théâtre Beliash, que Tim Dalton a mis cette année encore à notre disposition...
Tout cela à partir d’une création diffusée sur France Culture à l’automne 2013 et qui nous parle d’un univers tout proche de nous, la Dordogne...
Ginette Aubert, personnage du documentaire, est venue nous parler de ce traumatisme ancien mais encore présent de la démolition et de l’immersion de la maison de famille au début des années 1950, pour laisser la place à une Dordogne endormie, loin de la rivière vivante qu’elle chérissait tant.
Ginette a tout de même tenu à relativiser la douleur de cette expulsion en adressant une pensée à la famille Hajra, famille Rom d’Aurillac expulsée la veille (6 mars 2014) manu militari vers le Kosovo. Expulsion bien plus grave d’après cette vieille femme à qui les larmes montent quand elle évoque sa déception que le parti socialiste s’abaisse à de telles politiques.


Du haut des plateaux surplombant la Dordogne, on peut admirer la courbe formée par la rivière au creux des bois verts et pentus. On peut imaginer cette vue plus belle encore avant la construction des barrages hydroélectriques, en 1951.

Depuis, la Dordogne s’est élargie, parfois statique comme un lac, engloutissant sous ses eaux quelques maisons que l’on dût démolir au bord des rives.
Ginette Aubert était une petite fille lorsqu’elle quitta, avec toute sa famille, sa maison de La Ferrière. Dans ce village de 14 maisons, il n’en reste que 2.
Les barrages ont amené l’électricité, le progrès, du travail, mais la douleur d’un pays perdu est restée pour ceux qui l’habitaient autrefois.
On y entend Ginette Aubert, peintre
Marie-France Houdart, ethnologue Daniel Caux, ancien habitant de La Ferrière 
Simone Gaillard, ancien habitante de Spontour
Et les voix de Delphine Salkin, Lionel Quantin etAlain Joubert

Ginette Aubert est peintre. On voit dans ses tableaux les saynètes fragmentées de son enfance au bord de la rivière, les membres de sa tribu, les légendes du lieu, les saisons et les rites… des souvenirs sacrés posés dans de petits cadres clos, ornementés de boutons, de moulures, de broderies. Tout cela s’est perdu, mais tout semble revivre dans les images colorées que peint inlassablement Ginette. Aujourd’hui âgée de 79 ans, on croirait voir dans ses yeux bleus l’eau éternelle de ses tableaux.

Emission L’Atelier de la création
par Irène Omélianenko
le mercredi et le jeudi de 23h à minuit, durée moyenne : 59 minutes
L’Atelier de la création s’aventure sans autre boussole que le goût de l’intime et celui de l’extime, le plaisir des enregistrements bruts autant que les montages ciselés, le respect du recueillement et celui du vagabondage, le désir de donner à entendre, avec l’espoir de toucher parfois des terres inconnues...


la réclame

extrait audio à venir


kikiafaitquoi

  • Réalisatrices : Elise Andrieu et Marie Laure Ciboulet
  • Prise de Son : Alain Joubert

Voir en ligne : L’auvergne de l’eau : la petite fille et la rivière


    Depuis 2013 que nous savons archiver les dates des séances, ce film a été ou sera projeté :
    Le 7 mars 2014 à 20h30 à Aurillac, Théâtre Beliâshe, bld des Hortes