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Laval de Cère, la mémoire d’un territoire

De GUIOCHET Marc, 2009, 67’


Aïe Aïe ! Première projection du 30 janvier à Siran annulée pour cause de neige sur les petites routes qui mènent à ce village. Ce n’est que partie remise !

Vendredi 5 mars par chance pas de neige !! Aussi c’est avec plaisir que pour la troisième année nous sommes venus projeter un documentaire parlant du pays : l’histoire d’un territoire, celui d’un village voisin : Laval de Cère et de son usine qui a fermé en 1984. Une bonne trentaine de participants en majorité du village et des alentours. Marc Guiochet le réalisateur était présent et un intéressant débat a suivi la projection. Un ancien ouvrier de l’usine et quelques autres anciens ont amené leur éclairage sur ce passé pas si lointain !


À partir de paroles d’anciens ouvriers de Péchiney, d’habitants du village de Laval-de-Cère (Lot) et d’images d’archives, le film raconte l’histoire d’une usine, de sa fermeture et des conséquences pour ce territoire à la frontière du Lot et du Cantal. Pendant plus de 60 ans, l’usine électro-métallurgique a produit des ferro-alliages de haute qualité, jusqu’à ce que la restructuration du secteur de la métallurgie l’oblige à fermer ses portes en 1986. Trente ans plus tard, et malgré un plan de reconversion, le pays cherche toujours un second souffle. Ce film, au travers de récits chargés d’émotion, retranscrit la mémoire de ces événements. Le documentaire de Marc Guiochet pose aussi les questions de l’avenir de ces territoires et de la capacité de ces habitants à inventer de nouvelles façons de vivre ensemble.

Le mot du réalisateur

« L’avenir ? Est-ce ce qui vient vers nous où ce vers quoi nous nous dirigeons ? » Bachelard

Depuis l’année 2004, le territoire de Laval de Cère a été parcouru par les équipes d’Art’zimut (structure culturelle du canton de Bretenoux) et par Adicom (structure de production audiovisuelle installée dans le Cantal).

La première avec un travail autour de l’ancienne usine de Péchiney qui a vu en août 2004, plus de 500 personnes déambuler dans l’ancien site industriel avec des propositions diverses d’accompagnement (théâtre, danse, chant, cinéma, participations des écoles et des habitants de la cité).

La deuxième pour recueillir en image/son des récits de la mémoire ouvrière et d’interroger le territoire sur sa situation actuelle. Le premier constat de notre travail nous a démontré que la mémoire industrielle était toujours bien présente dans les esprits et que le deuil dû au traumatisme de la fermeture de l’usine des années 80 avait du mal à se clore.

Cette histoire de Laval de Cère, sa situation actuelle dans le double déclin des activités industrielles et agricoles, montre à quel point nos territoires ruraux sont malmenés. Après avoir « utilisé » ses habitants pendant plus de 50 ans, le « grand capital »se retire en laissant le pays face à lui-même, entraînant en cascades depuis plus de 20 ans, pertes de populations, de services publics, de commerces, de fiscalité …

Malgré la mise en place « d’un plan de reconversion », Laval-de-Cère avec son passé industriel nous prodigue ses cicatrices encore visibles aujourd’hui faites d’incompréhension, d’amertume et d’inquiétude pour l’avenir des enfants et du pays.

Mais, s’il nous importe de retracer la mémoire d’un territoire, ce n’est pas tant pour la faire revivre dans son émotion que de la faire exister d’une autre manière.

Depuis les étapes de désindustrialisation, on assiste à l’apparition d’un intérêt lié au patrimoine de l’industrie. Histoire des bâtiments, histoire des hommes, il convient de s’interroger sur ce qu’il faut transmettre et pourquoi.

Tout le monde est bien d’accord qu’il faut faire quelque chose, mais quoi et comment ? S’agit-il de porter à la postérité la mémoire d’un groupe social, d’une idéologie, d’une architecture, de techniques de travail ou de rapports de production caractéristiques ayant structuré nos sociétés ?

L’idée d’héritage est à creuser ainsi que les modalités de sa transmission, ce qui peut ouvrir des portes à un développement futur de projets culturels.

Pour le Conseil de l’Europe, cette signification s’inscrit désormais dans une dynamique culturelle active où le citoyen est convié à se réapproprier le patrimoine : « la réappropriation de la mémoire, de l’histoire et de l’identité est une condition pour une citoyenneté active. Cette démarche favorise une prise de conscience de soi et de l’Autre, l’apprentissage de compétences et d’aptitudes individuelles et sociales et la mise en place de processus qui peuvent potentiellement renforcer le lien social ».

Aussi est-il nécessaire de remettre l’objet industriel dans son contexte historique, d’en situer l’invention, d’en voir l’évolution et la disparition, car un objet n’a de sens du point de vue culturel que par la signification que lui donnent les individus de la société dont il est issu.

Notre documentaire se veut comme une balade à cheminer dans le souvenir ouvrier, dans le réel du présent et l’imaginaire de demain qui dessinerait d’autres itinéraires possibles.

Marc Guiochet

Extrait vidéo du documentaire

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Points de vente

Mairie de Laval de Cère, les offices de tourismes de Saint Céré, Bretenoux et Beaulieu-sur-Dordogne ou sur le site http://www.artzimut.fr
soit directement à l’adresse suivante :
ADICOM
Marc GUIOCHET
Costeplane
46400 - Ladirat
Email : adicom15 orange.fr