notre vidéothèqueTous les films

Les Sénégalaises et la Sénégauloise

Alice Diop, 2007, France, 56’



La réalisatrice Alice Diop est née en France, de parents sénégalais. En passant un mois au Sénégal, munie d’une petite caméra, elle filme la vie quotidienne. Elle dresse le portrait de trois femmes de sa famille : Néné et ses deux filles Mouille et Mame Sarr.

De quoi ça cause

"Ce film, c’est le portrait d’une cour et des femmes qui y vivent, trois Sénégalaises urbaines. Une mère et ses deux filles. Cette cour c’est un peu la métaphore du gynécée au Sénégal : un espace cloisonné, exclusivement féminin, où face à l’adversité du quotidien, certaines luttent, tentent de se battre quand d’autres attendent, "lézardent" et rêvent de partir. Ici, il n’y a pas d’hommes mais beaucoup d’enfants, des allées et venues, un vaste chaos géré par ces femmes qui, seules, font en sorte que tout tienne. Cette cour, c’est la cour de ma mère, celle de son enfance. Cette cour, j’aurais pu y naître."
Je filme en quelque sorte ce qu’aurait pu être ma vie, je réalise qu’il s’en est fallu de peu pour que je naisse du "bon côté". Je mesure d’ici ce que l’exil transforme, tout ce que l’on perd en partant, tout ce que l’on gagne.


Les mots de la doc

Pourquoi ce film ?

Je voulais faire un film sur les femmes africaines depuis longtemps mais je ne savais pas par quel biais. Lors d’un retour au Sénégal, pour l’enterrement de mon père, j’ai été surprise par la dichotomie entre ce que disent les femmes en public et la réalité de leur vie intime, et aussi, les fantasmes que j’avais sur leur vie là-bas. Je suis entrée dans le gynécée de mes cousines. Elles sont ce que j’aurais été si mes parents ne s’étaient pas exilés en France. J’ai vécu en France, je ne suis allée au Sénégal que trois fois, je ne parle pas wolof. J’ai donc regardé ces femmes avec la place qui était la mienne. Avec une distance, une extériorité, et j’espère, pas d’ethnocentrisme.

Propos recueillis par Caroline Pochon pour pour le site Clap Noir.org


La réalisatrice


Née en 1979 à Aulnay-sous-Bois (France), Alice Diop est tombée dans le documentaire malgré elle "c’est le fruit d’une heureuse rencontre avec un documentaire d’Eliane de Latour", rencontre qui lui permet de réaliser la force des messages pouvant être véhiculés dans les documentaires et la possibilité de croiser un regard sociologique à un traitement cinématographique. Alice s’intéresse à ceux que l’on ne voit pas, elle raconte la diversité culturelle. Pour Alice Diop, réaliser un bon documentaire consiste à "raconter des choses intelligentes en utilisant un biais artistiques et humain. Combattre les idées reçues pour faire avancer la société."

Alice Diop passe un DESS Image et société et intègre un atelier d’écriture à la Fémis. Réalisatrice pour L’Oeil et la Main (France 5), elle est auteure de documentaires.

Filmo :La Mort de Danton
2011 - 64 minutes
/Les Sénégalaises et la Sénégauloise
2007 - 56 minutes
/Clichy pour l’exemple
2006 - 50 minutes
/La Tour du monde
2006 - 50 minutes


Kikiafékoi

Auteur-Réalisateur : Alice Diop

Image : Alice Diop

Son : Alice Diop

Montage : Amrita David

Production / Diffusion : Point du Jour, Voyage