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Nothing to Lose

Jean-Henri Meunier, France, 78’


Pour la troisième fois, le CCAS de Maurs sollicite de Peuple et Culture une proposition de film autour d’un thème qu’ils souhaitent aborder. Après les violences faites aux femmes, la solitude en milieu rural, ils ont souhaité aborder le thème de l’exclusion. Alors ce film, Nothing to lose, -Rien à perdre- nous a semblé permettre d’aborder la marginalité, le mal logement, le problème des SDF.
En parler pour échanger sur des expériences, mieux comprendre, porter un autre regard sur des femmes et des hommes victimes d’un système dévastateur, découvrir aussi des solidarités, des moments de qualité, des petits bonheurs....

Nous l’avions déjà projeté à l’accueil de jour avant sa fermeture.


Ce film est d’abord né d’une rencontre forte et fortuite, dans une rue toulousaine, avec un homme errant " aux semelles de vent ", un vagabond gouailleur et lumineux : Phil le Fakir, clown et SDF de son état, lancé alors dans une grève de la faim contre le harcèlement de la Police Municipale et pour le combat quotidien des Enfants de don Quichotte Toulousains.
C’était le jour de son anniversaire, il était joyeux et criait qu’il était né le même jour que la mort d’Edith Piaf, dans le même hôpital...
Je savais désormais que ce film serait le portrait d’obscurs flamboyants, d’errants majestueux, de perdants généreux, de déclassés à la classe humaine sans pareille, de figures de l’ombre mises en lumière... Ce film raconte leur vie des hauts et bas, leur combat pour avoir un toit...

Les mots du réalo


Qui sont les SDF de « Rien à Perdre » ?

Jean-Henri Meunier : Quand on dit SDF cela ne veut rien dire, car ce terme sous entend des cas de figures et des parcours individuels différents. Sur le campement des Enfants de Don Quichotte, il y avait des individus très jeunes en rupture sociale pour qui c’était juste un moment de vie avant de rentrer dans le rang.

Et puis il y avait les plus nombreux pour qui le fait de se retrouver la était dû à un accident de parcours. Ce sont des monsieur et madame tout le monde qui d’un coup accumulent les galères : la perte de leur emploi, un grave problème familial, un divorce et qui finissent par se retrouver à la rue très vite. Ils sont représentatifs de la société dans laquelle nous vivons.

De la même manière que tous les SDF ne sont pas alcooliques ou drogués, il n’y a pas de SDF type. L’époque des clochards célestes et des routards de la « beat generation » est terminée.


Quel regard portez-vous maintenant sur la société française ?


Jean-Henri Meunier :
Cette société est très individualiste, elle est écoeurante. Les écarts entre les gens sont trop grands. Quand je vois les salaires des footballeurs qui sont payés des fortunes pour jouer à la baballe et quand j’entends qu’on augmente le SMIC de 1 ou 3 pour cent cela me révolte. Jusque où cela va t-il durer ? Quelle est la goutte d’eau qui va faire déborder le vase ?

Plus largement, le côté vicieux de notre système capitaliste est qu’il distribue des miettes qui permette de maintenir la chappe. Le RMI, la CMU sont des pansements qui permettent que ça n’explose pas trop. Pour l’instant, les gens n’ont pas assez faim pour tout foutre en l’air mais ça peut venir.

Recueilli par Jean-Manuel Escarnot pour Libetoulouse.fr


La réclame


Jean-Henri Meunier


Photographe autodidacte, Jean-Henri Meunier réalise en 1975 son premier film, L’Adieu nu, avec María Casares et Michael Lonsdale grâce à l’amitié d’Henri Langlois, fondateur de la Cinémathèque Française. En 1976, il enchaîne avec Aurais dû faire gaffe le choc est terrible. Serge Gainsbourg en compose la musique originale. Suit en 1980 le polar La Bande du Rex avec Jacques Higelin. Par la suite, il produit Pochette surprise, le premier album de Charlélie Couture pour Chris Blackwell et Island Records. A la fin des années 80, la rencontre avec l’outil vidéo et le jazzman Maurice Cullaz lui permet de concilier ses deux passions : le cinéma et la musique. C’est ainsi que naissent des documentaires musicaux : Smoothie, pour et avec Maurice Cullaz, tourné de 1988 à 1992, Tout partout partager avec Ray Lema et L. Subramaniam, Un violon au coeur. Diffusé sur Arte en Mai 2003, son long métrage documentaire, La Vie comme elle va, se voit décerner le Grand Prix SCAM du meilleur documentaire de création de l’année 2004. A l’actif de Jean-Henri Meunier également, Ici Najac, à vous la terre, présenté Hors Compétition au Festival de Cannes 2006 et nominé pour le César du Meilleur documentaire en 2007.


Kikiafékoi

Réalisateur : Jean-Henri Meunier

Compositeur : Bernardo Sandoval

Monteur : Jean-Henri Meunier

Assistante monteuse : Mathilde Carlier

Monteur son : Stratos Gabrielidis

Bruiteur : Julien Naudin

Mixage : Patrick Ghislain

Assistant réalisateur : Rabeha Elbouhati

Photographe de plateau : Audrey Guerrini

Directeur de post-production : Philippe Akoka

Etalonnage : Nicolas Cuau

Distributeur France (Sortie en salle) : Acte Films

Production : K Production,Les Productions du Ch’Timi

Coproduction : Centre National de la Cinématographie


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