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Plogoff, des pierres contre des fusils

Nicole et Félix Le Garrec, France, 1981, 112’


Moult hésitations pour choisir le film de cette soirée avec la naissante association Sortir du Nucléaire Cantal, à l’Arbre à Pain.

Au final, nous n’avions pas choisi un film pédagogique/didactique sur les dangers du nucléaire (thème que l’on a pu aborder ensuite au débat ou au traditionnel apéro) mais un exemple de lutte antinucléaire :

la lutte qui nous manque tant...


Plogoff, février 1980.

Toute une population refuse l’installation d’une centrale nucléaire à quelques encablures de la Pointe du Raz, face à l’île de Sein.

Nicole et Félix Le Garrec ont filmé jour après jour ces luttes quotidiennes et ont réalisé en 1981 un documentaire long métrage : "Plogoff, des pierres contre des fusils".

De quoi ça cause ?

« Plogoff, février 1980 : toute une population refuse l’installation d’une centrale nucléaire à quelques encablures de la Pointe du Raz, face à l’île de Sein. Nicole et Félix Le Garrec ont filmé jour après jour ces luttes quotidiennes et ont réalisé en 1981 un documentaire long métrage "Plogoff, des pierres contre des fusils".

"Plogoff est à 30 km de la maison. Situé sur la Pointe du Raz, le projet de centrale nucléaire qui voit le jour en 1978 concerne toute la région. Lorsque l’enquête d’utilité publique s’ouvre le 31 janvier 1980, nous sommes venus, Nicole et moi (Félix), soutenir la population de Plogoff, donc sans caméra. Mais devant l’ampleur du mouvement et la présence massive des forces de l’ordre (800 gardes mobiles), nous avons pris la décision de faire un film : Nicole à la réalisation, Jacques Bernard, preneur de son, et moi à la caméra.

Nous n’avions pas l’intention de faire un long métrage, seulement un document témoignage d’une vingtaine de minutes. Les évènements vont en décider autrement. Un fait nous mobilise définitivement : l’arrestation de retraités marins-pêcheurs et leur procès, alors que le procureur de la République de Quimper prétend que des "trublions chevelus et barbus" sont à l’origine des manifestations.

Ce sont bien les gens de Plogoff et plus particulièrement les femmes qui tiennent tête aux gardes mobiles, et cela tous les jours pendant un mois et demi.

Nous sommes restés sur place, hébergés chez l’habitant pendant deux mois. Nous avons travaillé jour et nuit, jusqu’à nous faire oublier des gens de Plogoff, et même des gardes mobiles.
L’aspect financier de l’entreprise m’inquiétait. Nous avons vendu du terrain, fait des emprunts pour payer les laboratoires. Nous n’avons reçu aucune aide de qui que ce soit.

Des pierres contre les fusils
La "messe" de 17 heures, les barrages en feu, les perquisitions, les emprisonnements...
Le film présente le combat des gens de Plogoff et du Cap Sizun, dont l’épisode le plus spectaculaire restera pour longtemps l’affrontement des femmes avec les gardes mobiles !

Ce film documentaire a fait l’objet d’une diffusion dans les salles de cinéma en 1981 et a totalisé plus de 250 000 entrées.

"Mon problème constant était de ne pas filmer les manifestants en trop gros plan afin qu’ils ne puissent pas être reconnus, comme beaucoup l’ont été par des photos, et ensuite arrêtés.
Il y avait sur place des journalistes de "Ouest France" et du "Télégramme" qui nous ont donné leurs photos pour qu’on les utilise dans le film, et pour la promotion.
Nous avions une table de montage et un studio d’enregistrement, donc toutes les finitions ont été faites chez nous.

Ce film n’aurait pu se faire si nous n’avions pas été totalement acceptés par les gens de Plogoff, nos voisins. »

Source : Bretagne Films


La réclame


Kikiafékoi

Réalisateur : Nicole et Felix Le Garrec

Edition : Atelier Bretagne Film


Voir en ligne : Bretagne Films