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Vous êtes servis

Jorge Leon, 2009, 57’


Un film qu’on voulait passer depuis longtemps. C’est chose faite à Aurillac dans le cadre de la semaine de la solidarité internationale, en novembre 2013. Bon, c’était un mardi et certains ont eu du mal, apparemment, à se bouger un soir de semaine. Pourtant la semaine ce n’est pas que fait pour survivre entre deux WE, on peut aussi y vivre des bons moments. Allez, on le repassera ...


En Indonésie, le film suit le parcours de candidates à l’émigration, du rêve d’un mieux-être économique au cruel désenchantement de l’exploitation économique. Le film met l’accent sur la mondialisation de ce nouvel esclavagisme. Si Singapour, Taiwan, les Émirats, sont des places fortes de ce marché, seule la difficulté d’obtention des visas en freine actuellement l’expansion en Europe et aux États-Unis.

De quoi ça cause ?

"Bangkok-Bahrein" d’Amos Gitaï (1984) avait pour point de départ une petite annonce à partir de laquelle des bordels de Bangkok aux chantiers et aux riches demeures des Émirats, Gitaï reconstituait toute la chaîne d’un trafic d’êtres humains en pleine expansion à partir de l’Extrême-Orient.

"Vous êtes servis" prend sa source dans un fait divers. En avril 2008, une jeune fille, employée comme domestique par une famille saoudienne, s’enfuit d’un hôtel à Bruxelles et dénonce un trafic de main d’œuvre. Jorge Leòn a choisi de concentrer son attention sur les Philippines, en suivant le parcours de candidates à l’émigration, du rêve d’un mieux-être économique au cruel désenchantement de l’exploitation économique. Les témoignages, les lettres racontent dans le détail les humiliations, les coups, la peur, le désespoir dans lequel vivent ces jeunes filles issues de la campagne et projetées dans un monde dont elles ignorent tout.
S’il est primordial d’entendre ces témoignages, l’intérêt du film, cependant, est ailleurs - dans l’adaptation de l’offre à la demande d’un commerce florissant.

"Vous êtes servis" met l’accent sur la mondialisation de ce nouvel esclavagisme. Si Singapour, Taïwan, les Émirats, sont des places fortes de ce marché, seule la difficulté d’obtention des visas en freine actuellement l’expansion en Europe et aux États-Unis. Cette mondialisation du trafic déplace le centre de gravité du film qui met à jour alors ce qui est plus qu’un réseau de passeurs : une véritable industrie avec ses bureaux de recrutement, ses centres de formation, ses cours de maintien et de langues vivantes, ses systèmes de notation, le tout, bien sûr, facturé aux candidates. (Yann Lardeau)


La réclame

Extrait d’un entretient avec le réalisateur :


Kikiafékoi

Réalisation : Jorge Leon
Production : Dérives, CBA (Centre de l’audiovisuel à Bruxelles), RTBF Bruxelles


    Depuis 2013 que nous savons archiver les dates des séances, ce film a été ou sera projeté :
    Le 19 novembre 2013 à 20h30 à Aurillac, espace Hélitas