The Soldier’s tale

de Penny Allen, 2007, 54’


En français, "l’histoire du soldat américain". L’histoire d’une rencontre et d’une écoute. L’histoire du récit d’un soldat en train de faire une guerre qu’il croit juste. La réalisatrice Penny Allen croise la route du Sergent R. dans l’avion qui l’emmène de Paris aux Etats-Unis. Le Sergent R. revient d’Irak et livre ses mots encore chauds des tirs de roquette. Il montre aussi des images que Penny refuse de voir. Ils se quittent au pied de l’avion, mais après quelques temps Penny Allen décide de revoir le Sergent R pour recueillir sa parole.


Le film :

C’est dans un avion pour les Etats-Unis que la réalisatrice a rencontré le sergent R., de retour d’Irak. Le jeune homme lui raconte sa guerre, lui montre des photos et des vidéos réalisées par ses camarades de l’armée... Images chocs, invisibles dans les médias traditionnels, d’une crudité inouïe, parfois insoutenable : corps déchiquetés, paysages dévastés, carcasses carbonisées. Ces échantillons d’horreur, le sergent R. les garde auprès de lui comme un talisman ambigu, autant pour exorciser son traumatisme que pour faire réagir ses interlocuteurs.

C’est donc le témoignage, très dérangeant, d’un homme cerné par la mort et inapte à la vie « normale ». Il évoque la « bête » qu’il est devenu, exprime ses doutes sur l’utilité de l’intervention en Irak, mais, en pleine contradiction, parle de la désertion comme d’un déshonneur. Résolument pacifiste, Penny Allen trouve le ton juste pour filmer ce soldat prisonnier de ses cauchemars. On la sent incrédule, voire révoltée par ses propos, mais elle ne le juge pas. Même lorsque le sergent R. décide finalement de retourner en Irak : parce qu’il a besoin d’argent et que, « là-bas, on ne fait pas que des choses horribles »...


Extrait :


La Réalisatrice :

Réalisatrice franco-américaine vivant à Paris réalise son premier long métrage à Portland avec Property, lauréat au premier festival de Sundance en 1978. Walt Curtis, auteur de Mala Noche y tient le rôle d’organisateur de quartier et le jeune Gus Van Sant, preneur de son, y découvre le livre de Walt Curtis qu’il adaptera pour son premier film. Penny Allen réalise un deuxième long métrage Paydirt en 1981, une histoire de vignerons qui cultivent le marijuana pour financer leur projet. En 2008 elle termine The Soldier’s Tale, lauréat 2009 au festival Visions du Réel – Nyon ; elle prépare maintenant un film sur une contrebandière algérienne. Ecrivaine, (A Geography of Saints, Metaphors for Change), auteure de romans photos (War is Hell, La Guerre c’est l’enfer), elle s’est consacrée aux questions de l’environnement entre 1987 et 2002. Elle avait auparavant travaillé auprès d’institutions de protection sociale, mais aussi comme enseignante à l’université, comme journaliste et comme organisatrice dans des associations consacrées au développement public de quartiers.


Pour finir, un lien vers le roman photo La guerre c’est l’enfer. Ce travail a représenté le premier contact avec le sujet pour la réalisatrice, avant le grand bain du long métrage.


Distributeur : Baba Yaga Film



Voir en ligne : Le site de la réalisatrice