Peuple et Culture Cantal
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Projection de documentaires, ici, là-bas ...

... cinéma d’ici et d’ailleurs ...
Didier Chataigneraie
Savoir conclure...

" Il y avait une chose qu’on ne savait pas faire à l’époque, c’était de s’arrêter à temps..."

Ça fait peut-être 7 ou 8 ans que je fais du théâtre d’improvisation. Et au début, quand on a commencé, avec des copains, il n’y avait pas de troupe.
Donc on s’est dit, on va monter une troupe nous-mêmes. Sachant qu’aucun d’entre nous n’avait d’expérience là-dedans. Et voilà, on s’est lancé comme ça. Et au bout de peut-être deux ans, on a commencé à faire quelques petits spectacles.
Et puis ce que je vais raconter là, ça devait être le troisième spectacle, donc on n’avait pas encore trop d’expérience, mais beaucoup d’enthousiasme et on s’éclatait bien. Et on a fait un spectacle, c’était dans un centre social. Avec un public un peu du centre social mais ouvert à tout le monde. Il y avait quand même pas mal de monde, il y avait bien 40-50 personnes pour nos premières représentations, on était super contents.
Et il y a une chose qu’on ne savait pas trop faire à l’époque, c’était s’arrêter à temps. Et donc on avait tendance, tant que le public en demandait, on rajoutait des sketchs. Et le problème c’est qu’on était un peu...
Forcément au bout d’une heure et demie, une heure et quarante-cinq, t’es un peu usé, t’es moins efficace. Et donc là on se dit, bon allez, on va en faire un dernier, parce que là on n’en peut plus. Et puis il y a quelque chose qu’on voulait essayer depuis un moment sur scène et qu’on n’avait jamais essayé, qu’on avait juste fait un peu comme ça entre nous.
Je ne sais même plus quel nom on lui donnait parce que c’est quelque chose qu’on ne fait plus trop. En gros, on prend un livre et il y a un des personnages du sketch qui ne parle que par l’intermédiaire des citations qu’il lit dans le livre.
Et donc, il ouvre une page au hasard, il place le doigt et il lit la phrase qui est dans le livre. Et donc, c’est assez amusant pour celui qui fait ça parce qu’il y a ce côté un peu adrénaline où tu ne sais pas ce qui va sortir. Et puis c’est un beau petit défi pour les autres d’essayer d’intégrer ça à l’histoire en réagissant par rapport à ce que la personne dit. Et donc voilà, c’est moi qui... Alors on demande au public s’ils avaient un livre, personne n’avait de livre.
Donc il y a une boîte à livres dehors, donc quelqu’un du public court dehors, prend un livre au hasard, revient au courant, nous tend le livre. Et puis donc on prend ce livre-là, j’ai même oublié le titre. Je ne sais même plus ce que c’était cette histoire. Enfin, c’était un roman. Et donc, c’est moi qui prends le livre.
Et puis, on commence à jouer une histoire d’ogres et de trolls et de petits lutins. Et donc, j’étais de mémoire le gros roi des trolls qui, de temps en temps, disait sa petite phrase et le petit monde autour essayait de comprendre. Donc, ça collait pas mal l’histoire. Ca collait pas mal. J’exagère un peu parce que le sketch s’enlisait un peu quand même, sachant que c’était quand même censé être un peu le dernier. Et puis à un moment, on avait convenu que je ne dirais que cinq citations. Donc je dis la cinquième, puis les gens réagissent un peu. Et puis je me dis, j’ai envie d’en dire quand même une sixième, allez, c’était plus fort que moi. Donc j’ouvre le livre, je pose mon doigt et je lis la phrase qui était écrite et c’était « Le spectacle est terminé ».
Et les gens me regardaient comme ça, j’ai dû leur montrer le livre pour que tout le monde me croit. Et donc voilà, vous n’avez pas su s’arrêter à temps, et c’est le livre qui nous a dit, hé, là cette fois on s’arrête les amis, calmez-vous, c’est bon, vous en avez fait trop.
Donc voilà, la petite histoire.