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Jean François 67 ans Le fel
La cabrette retrouvée

Alors, je m’appelle Jean-François. C’est l’histoire de la cabrette de mon arrière-grand-père. Il avait une entreprise de transport à chevaux à Paris.
Donc c’était un émigré aveyronnais qui avait fait son entreprise à Paris. Et comme tout bon aveyronnais nostalgique du pays, il jouait de la cabrette. C’était son attache au territoire. Quand, en 1914, la guerre a été déclarée, ses chevaux ont été réquisitionnés, donc il a perdu ses ressources, son entreprise. Et à l’issue de la guerre, ils sont revenus au village, au Fel, où ils ont construit leur maison, ont fait le drugstore local puis l’auberge. Et donc, ils ont fait leur vie là.
Jusqu’à la guerre de 39-45 et à l’issue de la guerre, il y avait la mise en place des bons de rationnement pour pouvoir trouver de la subsistance. Et lui était un gros fumeur et donc il avait de gros besoins en tabac.
Et il a, à ce moment-là, échangé sa cabrette contre des bons de recensement de tabac, pour pouvoir avoir du tabac. Et donc c’est comme ça que la cabrette a quitté la maison et son propriétaire.
Moi je connaissais cette cabrette par ailleurs, puisque tout le monde connaissait le nouveau propriétaire de la cabrette. On a même dansé au son de cette cabrette, jusqu’au jour où j’ai été amené à célébrer le mariage, comme maire du village, de son arrière-arrière-petite-fille.
Et à cette occasion, à la fin de la cérémonie, j’ai vu arriver la grand-mère de la personne que je mariais et qui, à l’issue de la cérémonie, m’a rendu le pied de cabrette. Donc c’est comme ça que la cabrette est retournée dans la famille. C’était un moment particulièrement émouvant.
Elle s’est dit... Voilà, il faut qu’elle retourne chez elle, en quelque sorte.