Le centre de vacances d’EDF, à l’époque, il y avait des grosses fêtes. Des grosses bamboulas, on va dire. Parce que c’était la CGT qui gérait et la CGT, c’était fête à gogo.
Moi, je travaillais à la cuisine, polyvalente. C’est-à-dire que je faisais cuisine, service. Et la plonge. Et un jour le chef il vient me voir, il me dit : Monique, ça t’intéresserait demain de faire de la montgolfière ?
Ah ben j’ai dit : certainement, avant le boulot. Donc on commençait à 7h, mais moi c’était au mois de juin, à 6h j’étais sur place, en vélo j’étais descendue au travail. On a fait de la montgolfière, c’était magnifique. Parce que c’était au mois de juin, donc le soleil arrivait.
Vous voyez les monts du Cantal et tout, c’était magnifique. On est allé jusqu’à Saint-Christophe, les gorges et tout ça, en Montgolfière. Et une autre fois, on a fait de l’hélicoptère. L’hélicoptère était là, les gens qui voulaient y aller, qui étaient là, qui faisaient la fête, c’était pour eux.
Mais le personnel, il nous avait quand même pas mis de côté non plus. Il y avait des congès. Je crois que le travail que j’ai fait... C’était dur. Mais c’est aussi des bons souvenirs, des bons copains et tout ça. C’était ma vie. J’y ai travaillé de 1983 jusqu’en 2005. J’étais employée par intermittence. Donc comme je faisais bien mon travail, les responsables venaient me chercher d’office.
Et on travaillait avec les retraités, tout ça, qui venaient de vacances, en séjour d’une semaine. Ils étaient généreux à l’époque, les gens. Un jour, je vais chez moi me changer pour faire le service du soir. Les filles me disent : Monique, tu regarderas dans ton casier, tu as un verre avec des sous. J’ai fait : ah, tout ça ? Il fallait voir l’argent qu’ils avaient, les pourboires qu’ils nous avaient donnés. Et après ils ne sont plus venus parce qu’ils ont dit, c’est nous qu’on a monté le centre de vacances et maintenant ils nous font payer le séjour quand on vient, donc on ne viendra plus. Puis on s’était lié d’amitié avec des personnes qui venaient de loin et tout ça. Et puis en fin de vacances d’été, c’était le secours populaire qui... C’est-à-dire que le centre était fait pour ça aussi, des jeunes qui venaient parce qu’ils n’avaient pas l’argent, donc c’était... C’était payé pour eux. Du secours populaire. Donc ça veut tout dire. Mais moi je m’étais liée d’amitié avec beaucoup de personnes qui venaient du Secours Populaire, des gens qui venaient en vacances. Il y avait un papy et une mamie qui venaient et puis ils nous disaient comme ça : Monique, les sous c’est fait pour dépenser. Et je pense souvent à eux parce que je me dis qu’ils avaient raison.
Monique Mauriac
Le centre de vacances EDF
" Monique, les sous, c’est fait pour dépenser..."