Peuple et Culture Cantal
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Odile Maurs
Olaf le malinois

" Chaque fois qu’on parle d’un chien, c’est lui qui nous vient à l’esprit..."

Je vais vous raconter une histoire d’un animal qui a marqué ma vie.
On avait un cousin qui était architecte et on lui donne un chien. C’était un berger belge croisé avec un berger allemand malinois. Il était sable, marron, noir et les oreilles droites très noires. Et il nous dit : bon, je vous le donne parce qu’on ne peut pas le garder. Il avait quelques mois. Donc, pendant quelques jours, on l’a enfermé. On le sortait de temps en temps pour qu’il s’habitue un petit peu parce qu’on était dans un village pour ne pas qu’il parte n’importe où. Et c’était un chien qui était très attaché à la famille.
Il était très intelligent et très protecteur. C’est-à-dire que s’il y avait quelqu’un qui nous voulait du mal, qui arrivait à la maison, le chien, il nous défendait. Et il était aussi très joueur. On était quatre filles et quand c’était l’hiver, on faisait de la luge derrière un bâtiment. Il y avait une pente, donc on descendait à fond avec la luge. Et puis mes sœurs qui étaient plus jeunes, il y en a une qui dit, il y en a marre de remonter la luge, c’est pénible. Alors elle prend le chien, elle l’attachait à la luge pour remonter la luge. Et on a fait ça tout un après-midi. Le chien, il descendait à fond quand la luge partait et il remontait.
Avec mes sœurs après on a grandi, on a été pensionnaire sur Aurillac et on redescendait avec la sœur de mon père tous les samedis. Bon, des fois c’était à 2h de l’après-midi, des fois c’était à 6h du soir. Et le chien, tous les samedis, il venait nous attendre. À la route, c’est-à-dire c’est la route qui passe entre Saint-Paul et Saint-Mamet.
Et nous, on est un croisement et on habite à 2 km, 2,5 km. Et tous les samedis, il venait nous attendre, comme s’il avait une pendule quelque part. Et un jour, j’étais en troisième, c’était l’année de mon brevet, et je faisais du latin. Bon, on était cinq en latin, et on a eu un contrôle, on a eu une très très mauvaise note. Donc le prof : il a dit, bon mercredi vous êtes collés tout l’après-midi.
C’était avant que la route soit refaite pour aller à Saint-Mamet, donc ça faisait 7 km. Et je dis à mon père, tu me montes en voiture ? Il m’a dit : non, non, non, t’es collée, tu montes à pied. Le prof nous avait donné plusieurs versions latines, donc il regarde, il corrige, il dit bon : c’est correct, vous pouvez repartir. Donc je repars de Saint-Mamet, j’étais à peu près 2 km après la sortie qui est en haut du bourg, au fameux croisement qu’il y a maintenant qui continue pour aller sur Maurs. Et qui sait que je vois sur la route. Le chien, Olaf, qui était venu m’attendre. Et ça, je me suis... Parce que bon, c’était un fait inhabituel.
Bon, le samedi, on pouvait se dire qu’il avait un réveil dans la tête. Mais là, c’était mercredi... Je n’ai jamais compris pourquoi ce chien, ce jour-là, était venu m’attendre. Et il savait que j’étais là. À cette heure-là précise, je n’ai jamais compris ça de ma vie.
On a eu d’autres chiens dans notre vie avec mes sœurs. Mais chaque fois qu’on parle d’un chien, c’est lui qui nous vient à l’esprit.