Donc, ça se passait un été. Alors, je ne vais plus me rappeler la date. En fait, je travaillais dans une ferme en Lot et Garonne pour payer le voyage en Grèce que j’ai fait avec Yves.
Du coup, c’était une ferme donc il y avait du maraîchage, des tomates, plein de cultures dans ce genre-là et un élevage de porcs.
Et donc un jour, le matin, moi j’étais chargé notamment de donner à manger aux truies, donc il y avait plusieurs dizaines de truies qui étaient dans les... dans les porcheries du coup. Donc j’y vais avec le seau, je commence à mettre dans les auges et les truies se précipitent. Dés que la nourriture arrive, elles se précipitent, elles sortent de la porcherie, c’est une partie en extérieur. Et donc il y avait les auges et il y avait un gros treillage, mais c’était des barres de fer carrées, très très grosses, qui servaient justement à les bloquer, à les empêcher d’aller au-delà de leur auge. Où elles pouvaient juste passer la tête et manger. Et là je m’aperçois qu’il y en a une, une barre de fer, qui s’est cassée en fait, et qui est vraiment à la... à l’horizontale couché à l’horizontale en direction des truies qui arrivent et j’en vois une qui se précipite pour manger. J’avais commencé à mettre de la nourriture et donc elle se précipite et je vois la barre de fer qui arrive au niveau de sa gorge. Donc j’étais avec les bottes et le bleu de travail, j’ai pas peur, j’attrape les grilles par le haut et avec mes pieds, mes jambes, je donne des coups de pied dans la tête et j’essaie de la pousser, de la faire dégager de là. Sauf qu’elle est tellement entêtée et tellement bête qu’elle insiste, elle insiste, elle voit toutes ses copines qui se précipitent, et elle, elle continue à aller tout droit, tout droit. Et je n’arrive pas, je n’ai pas la force, c’est un animal de plusieurs centaines de kilos, et donc je n’ai pas la force, même comme ça. Et elle continue à avancer, elle s’enfonce la barre de fer complètement dans la gorge. Donc du coup, j’arrête, je ne peux plus rien faire, j’arrête, je cours, je vais chercher l’agriculteur pour qui je travaillais, qui lui était vraiment comme... genre 2 mètres, très très costaud. Il vient pareil, à tous les deux, puis il voit la truie, il fait comme moi, il essaie de la pousser, c’est impossible.
Donc du coup, il dit tant pis, laisse tomber. On va chercher un tracteur avec une fourche. Il attache des cordes, passe derrière la truie, il attache les cordes aux pattes arrière de la truie et avec la pelle, il lève jusqu’à sortir la truie complètement. La truie, évidemment, elle se vide de son sang, elle était morte, donc il recule un peu et a été dépité.
Et je me rappellerai toujours, en fait, c’est qu’à ce moment-là, tu as deux personnes qui arrivent, qui débarquent, et en fait, c’était des commerciaux qui venaient pour lui vendre, alors je ne sais plus ce que c’était, ce qu’ils cherchaient à lui vendre, enfin, ils venaient pour une marque de matériel agricole. Et ils voient ça, donc ils arrivent, ils commencent à discuter, ils leur expliquent ce qui s’est passé.
Et je te jure que c’est vrai, il a réussi à leur vendre la truie. Il a vendu la truie. Il a dit je m’en occupe, je vous la découpe, etc. Je peux le faire, il avait ce qu’il fallait. Je vous la découpe, etc. Et puis je vous la vends à tant du kilo. Les mecs, ils ont dit : ok, pas de problème.
Olivier chataigneraie
Une truie têtue
"Moi, j’étais chargé de donner à manger aux truies..."