Peuple et Culture Cantal
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... cinéma d’ici et d’ailleurs ...
Roland Drugeac
Jojo le paysan communiste à la messe de minuit

Jojo, c’était un bosseur à la ferme...

Une soirée, une messe de minuit, le soir de Noël, tout le monde était là, avec toutes les grenouilles de bénitier, tous les gens bien... Même ceux qui n’étaient pas vraiment croyants... La messe de minuit, c’était vraiment un moment où tout le monde était bien là.
Et lui, Jojo, il n’avait pas été à la messe de minuit, il avait dû aller un peu au bistrot, et presque avant la fin de la messe, les grandes portes de l’église se sont ouvertes, et mon Jojo qui entre et chante : je suis un minuit chrétien. Ma tante, sa sœur, c’était une pratiquante. Oui, elle était une grenouille de bénitier. Et son frère Rémy qui était lui aussi pas du tout... Lui, par contre, c’était plus... Il rêvait de... Il avait été contrarié parce que c’était lui qui devait reprendre la ferme... Et la ferme, ça ne l’intéressait pas du tout. Lui, il rêvait d’aller voir le grand monde. Des princesses de Monaco, il aurait aimé... Tout ça... Donc il achetait les revues, Point de vue, tout ça, enfin il les achetait pas, c’est la voisine qui lui les faisait passer. Et là, avec ça, il était complètement... Il s’est jamais intéressé à la ferme. Jojo, lui, c’était un bosseur à la ferme, et oui, je sais pas pourquoi il était communiste... Quand il était de sortie, par contre, il était de sortie.
Ils avaient pas le choix, après l’étude. Après la primaire, ils avaient le certificat, ils étaient loin d’être idiots. Et après, c’était... Il fallait bosser à la ferme, quoi.